La Prusa Core One+ et la Bambu Lab P2S sont deux CoreXY fermées, au volume d'impression voisin, qui impriment les mêmes familles de matériaux. Ce qui les sépare tient en deux points : la Core One régule activement la température de sa chambre, et elle évolue par kits quand la P2S se remplace. Le tout pour environ 830 € de plus. La question n'est donc pas « laquelle est la meilleure », mais « ces deux points valent-ils l'écart pour vous ».
Verdict express
Si vous voulez une machine fermée qui fonctionne dès le déballage, avec un multi-couleur abordable, prenez une Bambu Lab P2S. Si vous imprimez régulièrement de l'ABS ou de l'ASA, tenez à réparer et faire évoluer votre machine, et acceptez de payer pour cela, prenez la Prusa Core One+.
- Bambu Lab P2S — simplicité, multi-couleur via l'AMS, prix contenu.
- Prusa Core One+ (Gen 2) — chambre active, machine ouverte et évolutive.
- Prusa Core One L+ — la même philosophie en grand format, pour les pièces volumineuses.
Comparatif : les critères qui départagent
Les deux machines partagent l'essentiel : cinématique CoreXY, chambre fermée, plateau chauffant, compatibilité avec les matériaux techniques. Le tableau ci-dessous ne retient que les lignes où elles diffèrent réellement, d'après les fiches officielles Prusa et Bambu Lab et le catalogue 3DJake relevé le 27 septembre 2026.
| Critère | Bambu Lab P2S | Prusa Core One+ (Gen 2) | Prusa Core One L+ |
|---|---|---|---|
| Chambre | Passive (chaleur du plateau) | Active, chauffée et refroidie | Active, chauffée et refroidie |
| Volume | 256 × 256 × 256 mm | 250 × 220 × 270 mm | 300 × 300 × 330 mm |
| Multi-couleur | AMS, en Combo | Kit INDX, en option | Kit INDX, en option |
| Évolution par kit | Non | Oui | Oui |
| Logiciel et firmware | Écosystème propriétaire | Open source | Open source |
| Écart de prix | Référence | Environ 830 € de plus | Environ 1 330 € de plus |
La Core One+ est celle que nous plaçons en tête de cette comparaison, parce qu'elle est la seule des deux à maîtriser la température de sa chambre dans les deux sens. Ce n'est pas un choix universel : c'est le bon pour qui en a l'usage.
Prusa CORE One+ (Gen 2)
CoreXY fermée · Chambre active jusqu'à 55 °C · 250×220×270 mm · Open source
Chambre active contre chambre passive
C'est la différence technique la plus importante, et la plus mal expliquée. La P2S, comme la P1S avant elle, a une chambre passive : l'enceinte retient la chaleur qui monte du plateau, autour de 40 à 50 °C, sans la réguler. La Core One+ chauffe activement sa chambre et peut aussi la refroidir.
Pour l'ABS et l'ASA, la chambre passive d'une P2S suffit dans la plupart des cas : 40 à 50 °C réduisent nettement le retrait thermique qui fait décoller les coins. La chambre active de la Core One, annoncée autour de 55 °C, apporte une marge supplémentaire sur les grandes pièces et les matériaux les plus capricieux, où quelques degrés de plus font la différence entre une pièce plane et une pièce voilée.
Le vrai avantage de la chambre active concerne le PLA
Le point que les comparatifs oublient : une chambre active sait aussi faire baisser la température. La Core One+ évacue l'air chaud par deux ventilateurs à l'arrière quand on imprime du PLA ou du PETG, qui réclament au contraire un refroidissement franc.
Sur une chambre passive, le problème est connu : l'air chaud s'accumule, les couches de PLA restent molles, les surplombs s'affaissent. La parade habituelle consiste à imprimer porte ouverte — ce qui revient à payer une chambre pour ne pas s'en servir. Nous détaillions ce défaut dans notre guide de la gamme Bambu Lab. La Core One le traite par construction.
Si votre production se partage entre PLA au quotidien et matériaux techniques de temps en temps, c'est l'argument le plus concret en faveur de Prusa : une seule machine qui fait bien les deux, sans manipuler la porte.
Ce que la chambre change sur l'ABS et l'ASA
Sur ces deux matériaux, le défaut qui ruine une impression est le warping : la pièce se rétracte en refroidissant, les coins se soulèvent, les couches supérieures se fissurent. Tout ce qui maintient une température ambiante stable autour de la pièce le réduit, et c'est précisément ce que fait une chambre.
La différence entre passive et active se joue sur la durée et la taille. Une petite pièce d'ABS imprimée en une heure sort correctement d'une P2S, dont la chambre atteint sa température d'équilibre assez vite. Une grande pièce de six heures, ou un boîtier aux parois fines, profite davantage d'une chambre dont la température est tenue du début à la fin. Nous avons détaillé le diagnostic du warping, symptôme par symptôme, dans notre guide pour imprimer l'ASA sans warping.
Ce qu'on achète avec 830 € de plus
L'écart entre la P2S et la Core One+ est de l'ordre de 830 € au catalogue 3DJake relevé le 27 septembre. Cet écart n'achète pas de matériaux supplémentaires — les deux impriment ABS, ASA et nylon. Il achète trois choses distinctes, qu'il vaut mieux évaluer une par une.
La chambre active, décrite ci-dessus. Utile si vous imprimez souvent de grandes pièces techniques, ou si vous alternez PLA et ABS sans vouloir ouvrir la porte.
L'ouverture. Le firmware et les fichiers de la machine sont publiés. Vous choisissez votre slicer — PrusaSlicer, OrcaSlicer ou un autre — sans dépendre d'un écosystème fermé. Pour qui se pose la question du logiciel, notre comparatif PrusaSlicer ou OrcaSlicer détaille les deux options.
La trajectoire de mise à niveau, qui mérite sa propre section parce qu'elle change la façon de raisonner sur le prix.
Kit à monter ou machine assemblée
Prusa vend la Core One+ en deux versions : assemblée, comme celle que propose 3DJake, ou en kit à monter soi-même, directement chez le fabricant et à prix inférieur. Bambu Lab ne vend pas ses machines fermées en kit.
Le kit demande plusieurs heures de montage, guidées par une documentation détaillée. Ce temps n'est pas perdu : on connaît ensuite chaque pièce de sa machine, ce qui rend les réglages et les réparations beaucoup moins intimidants. C'est cohérent avec la philosophie de la marque — une machine qu'on garde longtemps est une machine qu'on comprend. Pour un premier achat en revanche, ou si le temps compte plus que l'économie, la version assemblée reste le choix raisonnable.
La Core One vaut-elle son prix face à une Bambu P2S ?
Si vous changez de machine tous les deux ou trois ans et imprimez surtout du PLA, non : la P2S fait le travail pour bien moins cher. Si vous comptez garder votre machine longtemps, la réparer et la faire évoluer, l'écart se lit autrement — comme le prix d'une machine qu'on ne remplacera pas.
Une machine qui évolue, ou une machine qu'on remplace
C'est la différence de philosophie la plus concrète entre les deux marques, et elle se vérifie sur catalogue. Prusa vend des kits de conversion d'une génération à l'autre ; Bambu Lab a confirmé qu'aucun kit ne permettrait de passer d'une P1S à une P2S.
Chez Prusa, le kit de conversion MK4S vers Core One+ figure au catalogue 3DJake, et Prusa propose un kit de passage de la Core One+ à sa deuxième génération. Autrement dit, une machine achetée il y a deux ans peut devenir la machine actuelle sans repartir de zéro.
Chez Bambu Lab, le passage de la P1S à la P2S n'est pas une mise à niveau : cartes mères, écrans, courroies, tendeurs et système de buse sont incompatibles, et la marque a indiqué qu'aucun kit ne sortirait. On revend et on rachète.
Aucune des deux approches n'est absurde. Celle de Bambu permet des sauts de génération nets et des prix d'entrée bas. Celle de Prusa étale la dépense dans le temps. Mais à écart de prix initial égal, ce n'est pas le même objet que l'on achète : d'un côté un appareil, de l'autre une plateforme.
Volume et multi-couleur : là où Bambu reprend l'avantage
Deux critères penchent nettement du côté de Bambu Lab, et un comparatif honnête doit le dire. Le premier est le multi-couleur : l'AMS vendu en Combo reste aujourd'hui la solution la plus accessible du marché pour imprimer en plusieurs teintes sur une même pièce.
Prusa propose un système multi-outils, le kit INDX, disponible pour la Core One. C'est une approche différente — plusieurs têtes plutôt que plusieurs bobines sur une seule tête — qui limite fortement la purge, mais dont le coût total n'a rien de comparable avec un AMS. Si la couleur est votre priorité, Bambu reste le choix rationnel.
Quel volume d'impression pour la Core One ?
La Core One+ imprime dans 250 × 220 × 270 mm, contre 256 × 256 × 256 mm pour la P2S. Elle est donc légèrement plus haute, mais nettement moins profonde. Pour les pièces larges, la P2S offre plus de surface ; pour aller au-delà, la Core One L+ passe à 300 × 300 × 330 mm.
La différence de profondeur — 220 mm contre 256 — est celle qu'il faut vérifier avant d'acheter si vous imprimez des pièces longues, des plaques ou des boîtiers. Sur la hauteur, en revanche, la Core One garde un léger avantage.
Bambu Lab P2S
Génération 2 · Écran tactile · Changement rapide de buse · Flux d'air piloté
Quatre situations, quatre réponses
La plupart des hésitations entre ces deux marques se ramènent à l'une des quatre situations ci-dessous. Si la vôtre en fait partie, le choix est déjà fait ; sinon, c'est généralement que le budget et l'usage tirent dans deux directions opposées.
- Vous imprimez surtout du PLA et du PETG, parfois en plusieurs couleurs — P2S en version Combo. La Core One ne vous apporterait rien que vous utiliseriez.
- Vous imprimez régulièrement de grandes pièces en ABS ou en ASA — Core One+. C'est le cas où la chambre active fait une différence visible.
- Vous alternez PLA au quotidien et matériaux techniques — Core One+, pour la chambre qui sait aussi refroidir. Sur une P2S, il faudra jouer avec la porte.
- Vous voulez une machine pour dix ans, que vous réparerez vous-même — Core One+, idéalement en kit. C'est là que l'écart de prix se justifie le mieux.
La Core One est-elle adaptée à un débutant ?
Oui, en version assemblée : la calibration est automatique et la machine imprime dès la mise en service. Mais un débutant tirera rarement parti de ce qui justifie son prix — la chambre active et l'évolutivité. Pour une première machine, la question de la gamme Bambu se pose d'abord, et c'est dans notre comparatif des Bambu Lab qu'elle se tranche.
Le cas où la Core One a du sens dès le départ est celui d'un débutant qui sait déjà qu'il imprimera des pièces fonctionnelles en matériaux techniques, ou qui veut apprendre la mécanique de sa machine en la montant lui-même.
Core One L+ : pour qui
La Core One L+ reprend la même architecture — CoreXY fermée, chambre active — dans un volume de 300 × 300 × 330 mm. Elle s'adresse à ceux qui impriment régulièrement des pièces trop grandes pour une machine de 25 cm, et pour qui découper un modèle est une contrainte récurrente.
Son supplément par rapport à la Core One+ standard est d'environ 500 €. Il n'a de sens que si le volume est un besoin constaté, pas une précaution. La plupart des objets courants tiennent dans 25 cm ; ce sont les accessoires de cosplay, les boîtiers et les pièces mécaniques d'un seul tenant qui justifient la version L.
Prusa CORE One L+
Grand format fermé · 300×300×330 mm · Chambre active
FAQ
Prusa Core One ou Bambu P2S : laquelle choisir ?
La P2S si vous cherchez la simplicité, le multi-couleur abordable et un prix contenu. La Core One+ si vous imprimez souvent des matériaux techniques, tenez à une chambre régulée et voulez une machine ouverte qui évolue par kits. L'écart d'environ 830 € achète ces deux avantages, pas davantage de matériaux.
La Core One chauffe-t-elle vraiment sa chambre ?
Oui. La Core One+ régule activement la température de sa chambre, autour de 55 °C selon Prusa, et la refroidit par deux ventilateurs arrière pour le PLA et le PETG. La P2S et la P1S ont au contraire une chambre passive, qui retient la chaleur du plateau sans la contrôler.
Peut-on faire évoluer une Bambu P1S en P2S ?
Non. Cartes mères, écrans, courroies, tendeurs et système de buse sont incompatibles entre les deux machines, et Bambu Lab a indiqué qu'aucun kit de mise à niveau ne sortirait. Chez Prusa, à l'inverse, des kits permettent de passer d'une MK4S à une Core One+, puis à sa deuxième génération.
La Core One fait-elle du multi-couleur ?
Oui, via le kit multi-outils INDX proposé en option pour la Core One. Il limite fortement la purge en utilisant plusieurs têtes, mais son coût total reste bien supérieur à celui d'un AMS Bambu. Pour qui fait du multi-couleur une priorité, la gamme Bambu reste le choix le plus économique.
Quelle est la différence entre la Core One+ et la Gen 2 ?
La deuxième génération conserve la même plateforme et le même volume. Elle ajoute un essuie-buse pour des départs d'impression plus propres, des courroies GT1.5 qui atténuent les motifs fins en surface, et supprime l'attente de préchauffage de la chambre pour la plupart des matériaux.
En résumé
La Prusa Core One+ et la Bambu Lab P2S impriment les mêmes matériaux ; ce qui les distingue, c'est la manière. La P2S mise sur la simplicité, le prix et le multi-couleur. La Core One+ mise sur une chambre qui se chauffe et se refroidit, sur l'ouverture logicielle et sur une trajectoire de mise à niveau que Bambu ne propose pas.
La bonne question n'est donc pas celle des performances, mais celle de la durée. Si vous comptez changer de machine dans deux ou trois ans, la P2S est l'achat rationnel. Si vous voulez une machine que vous réparerez et ferez évoluer pendant dix ans, les 830 € d'écart deviennent le prix de cette durée — et c'est la Core One+ qu'il faut regarder.
Prusa CORE One+ (Gen 2)
CoreXY fermée · Chambre active jusqu'à 55 °C · 250×220×270 mm · Open source
Sources
- Fiche officielle Prusa CORE One+ (Gen 2) et annonce de la deuxième génération sur le blog Prusa, consultées le 27 septembre 2026
- Annonce de la Prusa CORE One et de sa chambre à température contrôlée, blog Prusa
- Spec sheet officielle et FAQ Bambu Lab P2S, consultées le 20 septembre 2026
- Catalogue 3DJake.fr — CORE One+ (Gen 2), CORE One L+, kits de conversion et kit INDX, relevés le 27 septembre 2026
- Comparatifs Eolas Prints « P1S vs P2S vs X2D » et « Prusa Core One vs Bambu P1S & P2S », sur la nature passive des chambres Bambu